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Lumière sur les plus importantes bibliothèques à Tombouctou. - Présentation – Abdul Kader Haidara Directeur de la Bibliothèque Mama Haidara pour les manuscrits et la documentation à Tombouctou (version word)
SOMMAIRE
INTRODUCTION
1.
Bibliothèque Mama HaÏdara
2.
La bibliothèque Al Gadi Mouhamad Bin Cheikh al
Aouni
3.
La Bibliothèque de Ahmad Bin Arafa Atoukni le
Tombouctien
4.
La Bibliothèque de Qadi Ahmad Baba bin
Abil Abbas Al Husni
5.
La Bibliothèque de Mohamad Ka – ati
6.
La Bibliothèque de Djingarey Ber – Tombouctou
7.
La Bibliothèque de Zeinia au village des Abu
Jubeiha
8.
La Bibliothèque Mahamad Mahmoud – village de Ber
CONCLUSION
Parmi les grandes villes
islamiques, la ville de Tombouctou acquit une renommé de par l’abondance de
ses bibliothèques qui regorgent de précieux manuscrits.
Nous serons trop longs si nous nous permettons de parler sur les trésors
des manuscrits anciens à Tombouctou ou d’autres trésors dispersés dans les
contrées environnantes ; ils sont nombreux, et nous n’exagérons pas si
nous disons qu’il y en a pas moins d’un million de manuscrits.
Avec le temps, ces manuscrits
furent objets de dommage, de perte, et de pillage.
Cela est du aux conditions difficiles qu’a vécu la région.
Cependant un grand nombre en existent encore.
Le Centre Ahmad Baba a joué
un grand rôle dans la collecte des manuscrits éparpillés dans les villes et
villages du Soudan Occidental. De
nos jours, il y a plus de dix-sept mille manuscrits à ce centre grâce aux
efforts du Mali et à l’appui de l’UNESCO et de certains pays arabes dont le
Royaume d’Arabie Saoudite.
Cet héritage écrit a joué
un rôle prépondérant dans la vulgarisation de la langue arabe et de la
culture islamique dans tout le Soudan Occidental.
A travers le développement qui suivent, nous présentes quelques unes
des plus importantes bibliothèques arabes de la région de Tombouctou.
1.
Bibliothèque Mama Haidara pour les manuscrits et la documentation
1.1.
Données de base
Le responsable : Abdul
Kader Haidara
Adresse BP 71
Tél. 223 292 16 76 Tombouctou
Elle peut être exploitée et
est ouverte pour les chercheurs et les étudiants.
Nombre de manuscrits à la
bibliothèque – 5 000 manuscrits
Nombre de livres imprimés –
1200 imprimés
1.2. Aperçu historique sur la bibliothèque
La création de la bibliothèque
– 16ème siècle AC
A son tout début la bibliothèque
fut au village de Bamba à quelques 194 km de Tombouctou. Le premier responsable en fut Mohamad Al Mawloud le neuvième
grand-père des actuels propriétaires. Il
en fut le fondateur. Il ne connut
pas de stabilité en raison de différents déménagements qu’il effectua
entre les puits de Tinditassa sur la cote de Bamba, et aux alentours de la ville
de Boureim dans la région de Gao.
A la mi-neuvième siècle AC,
la bibliothèque fut passée sous la responsabilité de Mouhamad As Saleh le
petit fils de Mouhamad Al Mawloud. A
ce moment elle fut victime d’un incendie qui lui causa beaucoup de dégâts
dont les empreintes néfastes se voient jusqu’à présent sur certains
manuscrits.
A l’orée du vingtième siècle
Mouhamad Al Hidjaji hérita la bibliothèque de son père Mouhamad As Saleh.
Il l’a dota de nouvelles vagues de manuscrits et de documents précieux.
Malheureusement, à la même époque, la maison qui abritait les
manuscrits s’effondra occasionnant ainsi des dégâts sur les manuscrits dont
certains gardent de mauvais souvenir jusqu’à présent.
Après cela, feu Mama Haidara
prit la relève de son père Mouhamad Al Hidjaj.
Il s’occupa de la collection des manuscrits et des documents imprimés.
Il procéda à une réorganisation de la bibliothèque, et effectua des
études au Soudan et en Egypte. Il
retourna de ces pays avec un grand nombre de manuscrits qu’il ajouta au trésor
mère. Ensuite, il sillonna le
Soudan et les zones du désert et en revint avec d’autres qui furent ajoutés
à la bibliothèque. Il fit des études
au village Arouane et Abu Jubeiha et finalement s’installa à Tombouctou et y
créa une nouvelle bibliothèque.
Il copia, lui-même, des
dizaines de manuscrits, et il échangea les manuscrits avec les autres bibliothèques
au Mali et à l’extérieur ce qui lui permit de former la plus importante et
la plus grande bibliothèque de manuscrits arabes à Tombouctou.
Après la sécheresse de 1973
dans la zone, la bibliothèque, à Bamba, fut sujette à des événements
malheureux consistant du pillage de la part des inconnus venant d’un pays
limitrophe. A l’issue de ce
pillage, la bibliothèque perdit 500 volumes des manuscrits.
Cet événement advint lorsque le Cheikh Mama Haidara était à
Tombouctou. En outre, la bibliothèque
connut d’autres incidents malheureux tel que les pluies, les insectes, la
poussière et les déménagements incessants.
Malgré tous ces incidents, le
Cheikh Mama pu venir à bout de toutes ces difficultés grâce aux bonnes
relations et collaboration qu’il entretenait avec les ulémas et les grandes
personnalités de la zone. Il créa
ainsi une coopération avec les autres propriétaires de bibliothèques dans les
zones suivantes :
En outre, le Cheikh Mama
Haidara a beaucoup coopéré avec le Centre Ahmad Baba qu’il a aide a mettre
la main sur beaucoup de manuscrits.
1.3.
La
situation actuelle
Après la mort de Cheikh en
1981, son fils Abdul Qader assura la relève dans la gestion de la bibliothèque.
Grâce à son éducation habituée aux livres et aux manuscrits, il ne ménagea
aucun effort pour doter la bibliothèque de nouveaux manuscrits, ainsi
consacra-t-il la crème de son temps au déblaiement des manuscrits de la poussière
et aux fouilles dans les bibliothèques de toutes les régions du Mali et dans
certains pays limitrophes. Il
travailla plus de seize ans avec le Centre Ahmad Baba comme explorateur des
manuscrits. Il poursuivait en même temps son travail de bibliothécaire
avec les manuscrits et les documents. Finalement,
il transféra la bibliothèque de Bamba à Tombouctou.
Il unifia les deux bibliothèques et cette nouvelle formule donna
naissance à la Bibliothèque Mama Haidara pour les Manuscrits et les Documents
Historiques. Il serait mieux de
souligner que depuis la création de la bibliothèque au 16ème siècle
jusqu’à un temps récent les manuscrits et les documents étaient enfermés
dans des caisses en fer ou en bois, entassées dans une petite chambre non éclairée
exposés aux aléas et aux dangers menaçants.
Malgré cette condition difficile, les chercheurs, les étudiants, les
touristes, et les hommes de culture fréquentaient la bibliothèque.
D’aucuns s’y rendent pour la recherche, d’autres pour photographier
le lieu, et un troisième groupe pour lire.
Mais la réalité est que tout travail dans ce lieu exigu fut très
difficile.
Après avoir réalisé
l’accrue des visiteurs et des délégations venant et de l’intérieur et de
l’extérieur, j’ai pensé à l’amélioration de l’état de la bibliothèque
et son ouverture pour le grand publique, et cela après une consultation auprès
du Directeur du Centre Ahmad Baba de l’époque, Dr : Mahmoud Zoubeir. Ce dernier a soutenu l’idée de mon projet de construire un
lieu convenable. Il ne faut pas
oublier non plus le soutien du maire d’alors M. Harber Cha-abane. J’ai envoyé le plan du projet à certains partenaires et
demandé un récépissé du Ministère de la Culture en 1996 pour la création
d’une bibliothèque privée. Après
avoir reçu le récépissé, j’ai emprunté le bâton de pèlerin pour
chercher le financement du projet. J’ai
contacté aussi certaines instances en leur rapportant l’état des manuscrits
de la bibliothèque. En 1997 j’ai
écrit à la Fondation Al Furquan pour l’Héritage Islamique à Londres en
leur expliquant l’état des manuscrits de la bibliothèque et le besoin aigu
de leur catalogage. Cette fondation m’a accordé son aide en cataloguant, par
la signature d’une convention, trois mille manuscrits. J’ai procédé au catalogage, malheureusement, je n’ai pu
réaliser la tache qu’en 1999, compte tenu des difficultés qui m’ont
confronté plus particulièrement l’inexistence des ressources à exploiter.
Après avoir achevé le
travail, je l’ai envoyé à la Fondation Al Furquan.
Dr.Aymane Fouad As Sayid s’est chargé de le rédiger et éditer en
trois volumes en 2000. En 1997, le
professeur Henry Louis Gates, Directeur de l’Institut W. DeBois pour les
recherches afro-américaines qui est une filière de l’Université de Harvard
aux Etats-Unis a effectué une visite en République du Mali avec une délégation
afin de faire un filme documentaire sur les villes de Djenné, Bandiagara et
Tombouctou, ils avaient en programme de filmer une bibliothèque privée dont a
bénéficié la bibliothèque Mama Haidara.
Lors du travail, le professeur a été ébahi par l’abondance de ses
manuscrits. En même temps, il a été
choqué par l’état dégradant de conservation.
Il a entamé des démarches au niveau de l’Université Harvard qui, à
son tour, a contacté la Fondation Andrew Mellon à New York, une institution
philanthropique. Cette dernière a
accepté de financer sans conditions. Donc
l’université a adressé une correspondance au Ministère de la Culture en République
du Mali demandant son aval pour le financement.
Au sitôt que le Ministre a donné son accord, la fondation a débloqué
un fonds. J’ai procédé
d’abord à la mise en place d’un comité du projet composé d’un représentant
des usagers, un représentant des bailleurs, un représentant de l’Association
pour la Protection et la Valorisation des Manuscrits à Tombouctou, et deux représentants
du Ministère de la Culture. Le
comité a désigné pour parrain le Gouverneur M. Mahmoud Maiga qui a bien assumé
la responsabilité et promis de soutenir le projet.
Les travaux de construction de la bibliothèque ont démarré au mois de
septembre 1999 et pris fin en janvier 2000.
Le local a été inauguré le treize du même mois par son excellence Mme
Adam Bah Konaré, l’épouse du chef de l’état en compagnie du Ministre de
la Culture du Mali et du Ministre chargé de la culture du Royaume marocain, et
cet événement a eu lieu à l’occasion du festival culturel Tombouctou 2000.
Le local est constitué de :
La bibliothèque a commencé
ses activités au mois de mai 2000 avec trois travailleurs. Le Directeur, le
suppléant du Directeur et le secrétaire.
Les manuscrits ont été déposés dans les tiroirs, et toutes les salles
ont été équipées des outils nécessaires.
Ainsi, la bibliothèque est devenue fin prête à accueillir les
chercheurs et les étudiants.
En 2002, le catalogage du
troisième volume est achevé. Il
comprend mille titres. Cette œuvre
a été réalisé avec la coopération de la Fondation Al Furquan pour l’Héritage
Islamique à Londres.
Il mérite de souligner que la
Fondation Al Furquan a octroyé un ordinateur à la bibliothèque, elle lui a
fourni aussi un certain nombre de livres et documents de référence et des
catalogues. Nous signalons aussi
que M. Ahmad Ben Bella, l’ex-Chef d’Etat de la République d’Algérie a
donné un montant à la bibliothèque pour l’achat d’un ordinateur afin de
faciliter ses travaux.
·
L’état des manuscrits
Nous pouvons dire que la
plupart des manuscrits sont en bon état puisqu’ils sont reliés. Cependant certains en sont déchiquetés de par leur
ancienneté très poussée et le maniement des usagers.
Nous pouvons remarquer aussi des réparations qui datent du 16ème
siècle sur quelques-uns uns. La
grande majorité de ces manuscrits sont écrits sur papier à l’exception de
quelques documents écrits sur parchemin. Les
couvertures de certains manuscrits sont également décorés d’ornements
artistiques.
Le genre de calligraphie usité
dans les manuscrits sont : Suki, Soudanaise, Désertique, Maghrébine et
Orientale.
Ils sont soit du Maghreb soit
de l’Orient arabique soit d’Andalous soit de l’Afrique Occidentale.
Nous rencontrons fréquemment des commentaires en marge qui nous
indiquent les propriétaires ou les personnes qui les ont achetés jusqu’à
leur prix.
Certains copistes ou auteurs
sont des femmes.
·
Les disciplines traitées dans les manuscrits
Sciences du Coran -
Explications du Coran - Al Hadith et ses sciences - Jurisprudence et ses
origines - Biographie du prophète - Science de l’unicité - Soufisme - Langue
- Grammaire et morphologie - Prosodie - Rhétorique - Littérature - Biographie
des grands - Histoire - Géographie - Voyage - Philosophie - Logique - Médecine
- Chimie - Calcul - Astronomie - Sciences politiques - Astrologie
Le plus ancien manuscrit de la
bibliothèque est un Coran dont l’écriture date de 546
·
Les objectifs et les activités de la bibliothèque
Outres les travaux de
catalogage que nous exerçons, nous envisageons le plutôt possible, de créer
un atelier moderne pour la réparation, la restauration, et la reliure des
manuscrits. Nous envisageons aussi
la mise en place d’un groupement minuscule de chercheurs pour exploiter les
manuscrits qui ont une importance scientifique et cela par leur examen et leur
traduction en Français et en Anglais.
Nous avons également, comme
objectif, le catalogage numérique des manuscrits et leur filmage afin que
l’on puisse les exploiter à travers l’Internet.
Nous pensons aussi à la publication des études et les recherches
scientifiques que réalisent les chercheurs.
Nos activités comprennent aussi l’échange d’expérience, la coopération
culturelle, l’organisation des séances d’études, les foires et semblables.
Nous envisageons la création d’une salle d’exposition permanente
pour les manuscrits rares et ornés ; la création d’une radio culturelle
locale pour la diffusion des nouvelles des activités culturelles à l’intérieur
et à l’extérieur de la bibliothèque ; la mise en place d’un réseau
de relations avec toutes les bibliothèques privées et toutes les institutions
qui s’occupent des manuscrits dans la République du Mali et ailleurs et plus
particulièrement l’Institut des Hautes Etudes et de la Recherche Islamique
Ahmad Baba.
2.
La Bibliothèque Al Qadi Mouhamad Mahmoud Bin Cheikh Al Aouni
Le Responsable actuel – Adel
Mahmoud
C’est une grande bibliothèque
dont la création date du 11ème siècle de Hégire soit le 17ème
siècle AG au village d’Arouane. Ensuite
elle fut transférée à Tombouctou. Son
propriétaire Mouhamad Mahmoud fut d’une famille de culture et de
jurisprudence. Il hérita
d’innombrables manuscrits de ses ancêtres ce qui lui procura d’importants
manuscrits. Il fut lui-même
auteur, copiste, poète et juge. Il
écrivit plus de trente livres en jurisprudence, en sciences d’unicité, en
histoire, et logique. Il a aussi un
grand recueil de poèmes, un recueil de questions religieuses et de
correspondance.
De 1960 a nos jours la
bibliothèque connut mainte fois de transféré de Tombouctou à la capitale
Bamako pour des causes politiques. En
1972, la bibliothèque fut définitivement installée à Tombouctou.
Son propriétaire l’arrangea et lui dota de nouveaux manuscrits.
Actuellement les chercheurs et
les étudiants ont accès à la bibliothèque.
Après la mort de Cheikh Mahmoud en 1973, son fils Adel a pris la relève.
Il emboîta les pas de son père et coopéra avec le Centre Ahmed Baba en
lui fournissant des manuscrits précieux.
En 1994, Mr. Adel Mahmoud a
transféré une grande partie en Mauritanie ou il vit avec sa famille dés lors.
Le reste des manuscrits se trouve jusqu’à présent à Tombouctou.
Les fils du fondateur a un projet de reconstruction et l’unification de
la bibliothèque.
3.
Bibliothèque de Ahmad Bin Arafa Atoukni le Tombouctien
Le responsable actuel –
Ahmad Salem Mouhamad Abdulah Bul Araf
Une grande bibliothèque qui
contenait un nombre de manuscrits, de livres imprimés et des documents
historiques. Cette bibliothèque
fut fondée en 1901. C’est la
date de l’arrivée de son propriétaire, Ahmad Bin Abil Araf l’encyclopédiste
Toukni Al Wadanite, à Tombouctou. Il
naquit en 1884 à Iglemine, au Maroc. Il
dit dans certains de ses œuvres – « Le destin m’a conduit a habiter.
Tombouctou. Avant d’arrivée ici j’ai habité un moment Chinequite.
J’ai vu beaucoup de ses nobles et de ses ulémas.
La réalité est que je ne suis pas un uléma et n’appartiens pas aux
hommes cultivés, mais j’aime la culture et ses détenteurs.
Mon séjour à Tombouctou a été le plus long et le plus connu. »
Ces propos témoignent de sa simplicité telle qu’a été connu des ulémas.
En effet, il fut un des ulémas,
et sa famille est une famille de sciences et de culture. Il bénéficia de la grâce de Dieu en argent et en science.
Il fournit un grand effort et dépensa beaucoup d’argent pour faire
vivre l’héritage écrit et le protéger ensuite, encourager et aider les
hommes de culture à écrire et à expliquer les problématiques difficiles et
à les enregistrer, sans oublier les grands événements.
Il y a beaucoup de livres en histoire, biographie des personnages,
sciences du Coran et du Hadith. Il
collecta les événements enregistrés par les ulémas de Tekur et en fit même
des poèmes. Il écrivit en Péchés
Impardonnables (Al Kaba ir), en Généalogie, en nécromancie, et en Soufisme.
Il a des recueils de poèmes.
Il imprima lui-même à ses propres frais quelques livres en Tunisie et
en Egypte dont le livre Al Wahaj Ibn Salem Al Walali, le livre Nahwu Acharireini
d’ibn Salem, le livre Hidayatou, le livre Al Moubachirou d’ibn Achir, le
livre Machrab zoulal wa Nazmoul Achmawi d’ibn Salem, le livre Mama fa atoul
Iqwani fi Chouabil Imami, le livre Subulu Sa ada et le liver Aebari fi Naz i
Sahwi Akhdari.
Comment est-ce que les
manuscrits ont été collectés ?
Il n’est plus un secret que
la seule voie pour acquérir les manuscrits est les fouilles. Et c’est ce qu’a fait Qhmad Abul Araf. Parfois il procédait par correspondance, parfois il se
mettait à la quête du livre quand il tombait sur les noms des livres lors de
sa lecture. Il engageait les
copistes et envoyait d’autres dans les villes et villages lointains tandis que
les autres restaient dans la bibliothèque pour copier.
Il se chargeait des dépenses de ceux qui effectuaient les voyages de
fouilles jusqu’à leur retour.
Les départements de la
bibliothèque
-
une
salle pour la conservation des manuscrits -
une
salle de copistes -
une
salle de correcteurs et des manuscrits copiés - une salle de classement et de
la reliure - une
salle de rayure et de nivellement des papiers à utiliser -
une
salle de lecture
Quiconque rend visite à la
bibliothèque en témoignera. Le
nombre de manuscrits à la bibliothèque n’est pas nettement connu, mais
d’après l’inventaire du fondateur en 1945, la bibliothèque contenait 8715
manuscrits.
Après la mort de Cheikh Ahmad
bin Al Araf en 1955 son fils ainé Mouhamad Abdullay a assuré le relève sur la
bonne voie de son père. Il était
lui-même savant, auteur et copiste. Il
continua son travail jusqu’ à environ 1972-73, l’année de la grande sécheresse
qui frappa toute la sous région en général et la région de Tombouctou en
particulier. Les potentiels
maigrirent et les dispersèrent. Cela
coïncida avec l’ouverture d’un centre pour la collection des anciens
manuscrits à Niamey grâce à une aide de l’UNESCO et sous le bon soin de M.
Boubou Hamma, Président du parlement nigérien dans le temps.
Quand les explorateurs commencèrent les périples et la collecte des
manuscrits, ils partirent au propriétaire de cette bibliothèque et lui dirent
de les accompagner à Niamey. C’est
là qu’environ mille huit cents manuscrits furent vendus au nouvel établissement.
Après un bref temps le Centre Ahmed Baba fut ouvert.
Ce dernier conclut avec lui un marché consistant en l’achat d’un
grand nombre de manuscrits. Malheureusement,
cette époque coïncida avec l’arrêt total de la production et transcription
de la bibliothèque.
Après la mort de Mouhamad
Addullay en 1993, l’état de la bibliothèque dégrada et les manuscrits
prirent une allure de déperdition graduelle.
Malgré tout ce qui a été mentionné, la bibliothèque garde encore un
nombre appréciable de manuscrits et des livres imprimés.
Il serait utile de rappeler
ici que les petits-fils du fondateur ont une volonté ardente pour redonner à
la bibliothèque sa vie et son ancien prestige de documentation mais toujours
est-il que leur capacité matérielle ne le leur permet pas surtout que tout
dernièrement la bibliothèque a été victime de beaucoup de dégâts et
d’endommagements. Nombre de
manuscrits ont disparu par le prêt. Les
descendants du fondateur essayent présentement d’arranger les affaires de la
bibliothèque ; récupérer et ramasser les manuscrits dispersés, réparer
et restaurer ceux qui ont été endommagés, et assurer une protection pour les
manuscrits en vue d’une revalorisation éventuelle.
La relation de la bibliothèque
avec les autres à l’intérieur et à l’extérieur du Mali
Cette bibliothèque
entretenait de bonnes relations et de liens de correspondance avec certains
bibliothèques, centres et imprimeries à l’intérieur et à l’extérieur du
Mali. Elle exerçait des activités
d’échange d’information sur les zones de retrouvailles des manuscrits avec
ces bibliothèques et centres.
Bibliothèque de Mouhamad bin
Oumar Al Murji à Mourdja, cercle de Nara
Bibliothèque de Ahmad Al Qari
à Bamako
Bibliothèque de Mouhamad Al
Iraqui à Bamako
Bibliothèque de Ahmad Baba
Bin Abil Abbas Al Husni à Tombouctou
Bibliothèque de la famille
Sankoré à Tombouctou
Biibliothèque de Mouhamad
Mahmoud bin Cheikh Arouni à Tombouctou
Bibliothèque de Mama Haidara
à Tombouctou
Bibliothèque de la famille
Binta Gongo
Bibliothèque de la famille
Gandame
Bibliothèque de la famille
Touka Bango
Bibliothèque de la famille
Imboua
Bibliothèque de la famille
Kounta
Bibliothèque de la famille
Sidy Aali
Bibliothèque Koul Ozza
Bibliothèque Koul Souk à Gao
Bibliothèque Zeynia a
Boujbeha
Centre Ahmad Baba à
Tombouctou
Bibliothèque de Mouhamad
Yahia bin Souleimane Walata
Bibliothèque de Al Marwane
bin Ahmad Walata
Bibliothèque de Mouhamad Al
Amine Bine Brik
Bibliothèque de la famille
Sidy Boutlemite
Bibliothèque de Cheikh At
Tirad Hawd
Institut de Recherche en
Sciences Humaines des manuscrits arabes et ajamis – Niamey
Bibliothèque de Abdu Samad,
Sokoto
Bibliothèque de Mouhamad bin
Mahjoub Al Murakuchi, Sokoto
Imprimerie Tha Alibi
Bibliothèque littéraire
Rodoussi Qadour bin Mourad Tourki
Bibliothèque scientifique de
Ahmad bin Abdul Karim Al Qadiri, Fes
Bibliothèque Al Manar
Bibliothèque Atique Al Assali
Bibliothèque islamique Nouri
bin Mouhamad Nouri
Bibliothèque Chazeli As Zawq
Bibliothèque Tawfiq Kabouch,
Beirouth
Bibliothèque Sader Souleimane
Bine Ibrahim Sader
Bibliothèque Publique Zeidane,
Caire
Enfin, nous terminons par la
mention de certains travailleurs de cette bibliothèque, des Ulémas qui
copiaient et corrigeaient les manuscrits au frais du fondateur, il en est :
Mouhamd Ataher bin Charif bin
Baba charif décédé en 1968 son genre de calligraphie est claire
Yahia bin Khatar Arouani, le
plus grand des copistes, son genre de calligraphie est maghrébin claire
Aburahamane bin Sayid bin
Ousmane, son genre est soudanais
Al Marwan bin Ahmad, son genre
est désertique
Mouhamad Al Amin Bin Barik,
son genre est désertique
Jaduna bin Al Murabit, son
genre et désertique
Mouhamad
bin Al Haib An noumane
Issa bin Mouhamad Al Maould
Qadi famille Araouane, son genre est souk
Sidy Acheik Al Fulany, son
genre est soudanais
Mamad Abdulah fils du
fondateur, son genre est maghrébin
Abdulah bin Oumar, son genre
est soudanais
4.
Bibliothèque de Qadi Ahmad Baba bin Abil Abbas Al Husn
Le responsable actuel – Baba
Sidy Haidara
C’est une grande bibliothèque
créée en fin du 19ème siècle, son fondateur Ahmad Baba fut le
premier juge désigné par le gouvernement colonial de la France à l’arrivée
de la force coloniale à Tombouctou vers la fin du 19ème siècle.
Il fut issu d’une famille de science et de culture.
Il fut riche et joua un grand rôle dans la collecte des manuscrits
d’ailleurs en plus de ce qu’il hérita de ses ancêtres.
Il fut auteur, Mufti, et poète.
Il a quelques œuvres avec un pamphlet des réponses aux questions
religieuses, des documents historiques, des correspondances et des poèmes.
Il eu pour habitude l’achat des manuscrits ce qui lui valut
l’affluence des convois de Massina et d’ailleurs pour lui exposer leurs
manuscrits.
Après sa mort en 1930 son
fils Al Qad Mouhamad Al Amina prit la relève sur les affaires de la bibliothèque.
Ce dernier emboîta les pas à son père.
Il fut lui aussi un grand uléma. Il
eu à son actif des documents et il participa à la dotation de la bibliothèque
de manuscrits jusqu’à sa mort en 1360 H.
La relève fut assurée, après
lui, par Al Qad An-Mar Charif. Il détient
aussi des documents historiques et ceux de jurisprudence. Il collabora avec beaucoup de bibliothèques et de centres
tel que le centre Ahmad Baba qui paya de lui plusieurs manuscrits.
Après sa mort en 1976 son frère
Al Qadi Zoudeir lui succéda. A son
temps la bibliothèque connut une dégradation ; les travaux cessèrent, la
bibliothèque demeura fermée au publique, ce qui occasionna d’endommagements
des manuscrits. L’état de la
bibliothèque resta ainsi jusqu’à sa mort en 1994.
En 2000 les petits-ils du
fondateur ont tenté de sauver ce qui pet des manuscrits et documents
historiques et ils ont commencé à les classer pour les mieux protéger. Présentement, ils fournissent tous leurs efforts pour la réouverture
de la bibliothèque.
5.
Bibliothèque de Mohamad Ka-ati
Le responsable – Ishmael
Djadjé Haidara – Tombouctou
Une très ancienne bibliothèque
comme ça se voit sur la couverture de certains manuscrits. Sa création date du 14ème siècle.
Cette bibliothèque fut éparpillée dans plusieurs endroits.
Après la mort du fondateur son premier fils Ishmael bin Mahamoud Ka-at
se charge de la collection des manuscrits de Djenné, de Tenderma, de Kursanb,
Gounmdame et de Tombouctou.
En marge de certains
manuscrits, il est mentionné que la bibliothèque est un waq’f (inaliénable)
pour les petits fils du fondateur. Il
est important de souligner avec la grâce de la protection et l’accrue de leur
nombre revient au petits fils du fondateur Ali.
Le fils de ce dernier jouera son rôle dans l’approvisionnement de la
bibliothèque lorsqu’elle lui fut confiée.
Après sa mort le contenu de la bibliothèque dispersa, et les manuscrits
se retrouvèrent dans plusieurs lieux. La
situation demeura ainsi jusqu’à la prise de conscience de M. Ishmael Djadjé Haidara, l’un descendants de la famille
Mahamoud Ka-at, de l’importance de la bibliothèque.
Il entreprit des fouilles pour récupérer le contenu de la bibliothèque
Ka-atite. Il eut pour référence
les contes oraux et les informations recueillies dans les documents.
Il fit quelques années en périple entre les différentes villes et
villages de la région de Tombouctou à l’issue de ce périple, il put
collecter une grande partie des manuscrits éparpillés surtout dans les zones
de Tombouctou, de Goundame et de Kurune Sub.
Sa quête lui valut trois mille manuscrits qui figurent tous l’actuelle
bibliothèque ka-atite à Tombouctou. Cette
nouvelle bibliothèque comprend beaucoup d’œuvres des Ulémas d’Andalous,
du Maghréb, et du Soudan.
Le plus ancien manuscrit date
de 599 H de la ville de Sibta, c’est un volume du Coran écrit sur le
parchemin. Il y a aussi des
documents historiques importants.
M. Haidara a conclu un accord
avec la fondation Al Furquan pour l’Héritage Islamique à Londres pour le
catalogage des manuscrits de la bibliothèque.
Il a aussi un projet de construire un local pour abriter la bibliothèque
et les activités de recherche et de restauration des manuscrits.
6.
Bibliothèque de Djingarey Ber – Tombouctou
Le responsable – Imam Suyuti
C’est une des grandes
bibliothèques à Tombouctou. Sa
fondation date du 17ème siècle AG.
Elle abrite beaucoup de rares manuscrits.
On y trouve l’une des copies originales du livre Tarik Al Fettach.
On trouve parmi les manuscrits des correspondances entres les rois et les
princes. On y trouve également un
Coran qu’aurait donné l’un des Surtans du Maroc à l’Imam Suyuti, le
grand-père à la fin du 18ème siècle.
La bibliothèque compte environs 3 500 manuscrits.
7.
Bibliothèque Zeinia au village de Abu Jubeiha
Le responsable est Cheikh Bay
ibn Cheikh Zein
Elle est une ancienne bibliothèque
créée en 1175 H. Le premier
fondateur fut l’étudiant Sidy Ahmad bin Al Bachin Souki Al Adwi le fondateur
du village. Il fut un grand savant,
un sait de Dieu, et l’auteur de plusieurs œuvres, de pamphlets de réponses
religieuses et de correspondances. Il
fut aussi un illustre copiste.
Après sa mort, son fils prit
la relève sur les travaux de la bibliothèque.
Ce dernier fut également un riche savant, il copia à son tour
d’innombrables manuscrits. Il
n’hésita pas à dépenser les sommes colossales pour avoir les manuscrits. On raconte de lui qu’une fois à son retour de la mine de
sel de Taoudeni, incurvé du sel et de marchandises, il rencontra une caravane
venant du Maroc et qui portaient de précieux manuscrits. Quand il voulut acheter les manuscrits, les caravaniers ont
posé comme condition que M. Sidy Ibrahim échange toutes ses marchandises
contre les manuscrits, ce qui arriva d’ailleurs.
M. Sidy retourna au bercail avec ces précieux manuscrits pour former le
plus grand magasin de manuscrits de la zone.
De son vivant, le village Abu Jubeiha fut attaqué par une pègre
rustique nomade appelée ACHAKARNA. Cette
pègre pilla les biens et brula les livres dans les mosquées.
Après la sécheresse de 13323 H, les habitants du village le quittèrent
pour quelques années. A leur
retour, ils trouvèrent que les murs de la bibliothèque étaient délabrés et
le toit tombé, ce qui endommagea de beaucoup les manuscrits abrités.
La bibliothèque en garde encore des empreintes néfastes.
La bibliothèque garda le
statu quo jusqu’à ce que le petit-fils du fondateur Cheikh Zeini bin Abdoul
Aziz grandisse. Il fut un érudit,
un savant et un grand uléma de la secte de Qadiria.
Il écrivit beaucoup de livres, de réponses religieuses et de
correspondances. Il s’occupa de
la bibliothèque et lui dota d’un certain nombre de manuscrits.
Après sa mort en 1355 H, il fut succédé par son fils Cheickh Bay Zeini
que Dieu lui donne longue vie. Ce
dernier œuvre actuellement sur la promotion et la protection de la bibliothèque.
Il est auteur et un savant dans la zone. Présentement, le nombre des manuscrits atteignent 1 100
manuscrits en plus de la grande quantité des livres imprimés.
Présentement, l’état des manuscrits est déplorable dû aux faibles
moyens matériels du propriétaire. La
plupart de ces manuscrits ont besoin d’être relié ou restauré.
Sans oublier que la maison qui les abrite est exiguë et non convenable
d’où la nécessite de prêter main forte au propriétaire pour qu’il puisse
mettre en place les conditions requises pour la conservation.
8.
Bibliothèque de Mouhamad Mahmoud Imam de la Mosquée de Ber –
Village de Ber
Le responsable – Fida
Mouhamad Mahmoud
Cette bibliothèque prit corps
tout premièrement dans la zone rustique du village de Ber entre les puits
Agozmi et le puits de Ino Kander et celui de Ine Sitlane jusqu’en 1950.
Elle fut finalement installée au village de Ber.
Le fondateur fut copiste et un mordu des livres.
Il pu collecter un grand nombre de manuscrits et copier plusieurs
manuscrits en plus de ce qu’il hérita de ses ancêtres.
En 1988 son fils Fida
envisagea de regrouper ces manuscrits pour les protéger.
Il dressa une liste des manuscrits et les arrangea dans les étagères.
En 1992, il les mit dans des caisses en bois et en fer contre la pluie.
En
1998, il demanda une autorisation d’ouvrir un centre et adressa une demande à
la direction régionale de Tombouctou et en 1999 il reçu une autorisation pour
la transformation de la bibliothèque en centre.
Le centre fut baptisé : Centre des Sciences Islamiques et des
Manuscrits historiques. Il mit sur
pied un comité pour la supervision et la protection des manuscrits.
Compte tenu de ses moyens très limités, il n’a pas jusqu’à présent
construit un local digne, alors que le centre à une parcelle qui lui est
offerte par le maire du village de Ber. Le
nombre de manuscrits du centre atteint environ 2 500 en plus des livres imprimés
Les
collections des bibliothèques familiales privées de Tombouctou sont menacées.
Chaque année un nombre plus grand de documents se détériore et devient
illisible et les manuscrits sont souvent manipulés sans soin. Certaines des
collections privées sont confuses totalement laissées à l'abandon. Ces
collections sont généralement peu
connues des africanistes du monde entier et
peuvent fournir un nouveau terrain de recherche étendu aux historiens, aux théologiens
et aux universitaires littéraires et ethno- linguistes
Cet héritage africain, islamique, et culturel humain
risque d'être perdu si une action constructive n'est pas entreprise pour le préserver.
Les rongeurs et les insectes (termites et asticots) peuvent causer des dégâts.
Le feu est une autre menace, et pendant une saison de l'année l'eau de pluie dégouline
à travers les toits fissurés. La manipulation des manuscrits les détruit
souvent.
Dans certains cas les lieux sont abandonnés.
Un autre danger est la simple ignorance humaine. Dans certains cas les
collections familiales sont actuellement entre les mains de personnes qui n'ont
pas la compréhension approfondie des sciences islamiques qu'avaient leurs
parents et leurs grands-parents, et ne sont que peu intéressés par les
manuscrits qu'ils ont hérités, le peu d'estime dont jouissent les manuscrits
fait qu'il ne leur est consacré aucun soin ni aucune attention particulière.
Ils sont simplement stockés et abandonnés à leur ruine, puisque le propriétaire
souffre d'une existence économique précaire.
Par
ailleurs, les industries traditionnelles liées au livre sont en perte de
vitesse : il n’y a pratiquement plus de spécialiste de copiage; et
enluminure les artisans spécialisées en reliure ont oublié le métier.
Tout ceci est en rapport avec le recul des systèmes éducatifs et la
paupérisation des populations en relation elle aussi avec la sécheresse et la
désertification. Les conditions générales
difficiles dans la région (d’un climat rude à une économie en sévère récession)
ont largement contribué au décroissement des activités littéraires et des
arts et métiers du livre y associés.