École des Bibliothécaires,  Archivistes et Documentalistes
Université Cheikh Anta DIOP
DAKAR

Lumière sur les plus importantes bibliothèques à Tombouctou. - Présentation – Abdul Kader Haidara Directeur de la Bibliothèque Mama Haidara pour les manuscrits et la documentation à Tombouctou (version word)

 

SOMMAIRE

 INTRODUCTION

1.      Bibliothèque Mama HaÏdara

2.      La bibliothèque Al Gadi Mouhamad Bin Cheikh al Aouni

3.      La Bibliothèque de Ahmad Bin Arafa Atoukni le Tombouctien

4.      La Bibliothèque de Qadi Ahmad Baba bin  Abil Abbas Al Husni

5.      La Bibliothèque de Mohamad Ka – ati

6.      La Bibliothèque de Djingarey Ber – Tombouctou

7.      La Bibliothèque de Zeinia au village des Abu Jubeiha

8.      La Bibliothèque Mahamad Mahmoud – village de Ber  

 CONCLUSION

Introduction

Parmi les grandes villes islamiques, la ville de Tombouctou acquit une renommé de par l’abondance de ses bibliothèques qui regorgent de précieux manuscrits.  Nous serons trop longs si nous nous permettons de parler sur les trésors des manuscrits anciens à Tombouctou ou d’autres trésors dispersés dans les contrées environnantes ; ils sont nombreux, et nous n’exagérons pas si nous disons qu’il y en a pas moins d’un million de manuscrits.

Avec le temps, ces manuscrits furent objets de dommage, de perte, et de pillage.  Cela est du aux conditions difficiles qu’a vécu la région.  Cependant un grand nombre en existent encore.

Le Centre Ahmad Baba a joué un grand rôle dans la collecte des manuscrits éparpillés dans les villes et villages du Soudan Occidental.  De nos jours, il y a plus de dix-sept mille manuscrits à ce centre grâce aux efforts du Mali et à l’appui de l’UNESCO et de certains pays arabes dont le Royaume d’Arabie Saoudite.

Cet héritage écrit a joué un rôle prépondérant dans la vulgarisation de la langue arabe et de la culture islamique dans tout le Soudan Occidental.  A travers le développement qui suivent, nous présentes quelques unes des plus importantes bibliothèques arabes de la région de Tombouctou.

1.         Bibliothèque Mama Haidara pour les manuscrits et la documentation

1.1. Données de base

Le responsable : Abdul Kader Haidara

Adresse BP 71

Tél. 223 292 16 76 Tombouctou

Elle peut être exploitée et est ouverte pour les chercheurs et les étudiants.

Nombre de manuscrits à la bibliothèque – 5 000 manuscrits

Nombre de livres imprimés – 1200 imprimés

1.2. Aperçu historique sur la bibliothèque

La création de la bibliothèque – 16ème siècle AC

A son tout début la bibliothèque fut au village de Bamba à quelques 194 km de Tombouctou.  Le premier responsable en fut Mohamad Al Mawloud le neuvième grand-père des actuels propriétaires.  Il en fut le fondateur.  Il ne connut pas de stabilité en raison de différents déménagements qu’il effectua entre les puits de Tinditassa sur la cote de Bamba, et aux alentours de la ville de Boureim dans la région de Gao.

A la mi-neuvième siècle AC, la bibliothèque fut passée sous la responsabilité de Mouhamad As Saleh le petit fils de Mouhamad Al Mawloud.  A ce moment elle fut victime d’un incendie qui lui causa beaucoup de dégâts dont les empreintes néfastes se voient jusqu’à présent sur certains manuscrits.

A l’orée du vingtième siècle Mouhamad Al Hidjaji hérita la bibliothèque de son père Mouhamad As Saleh.  Il l’a dota de nouvelles vagues de manuscrits et de documents précieux.  Malheureusement, à la même époque, la maison qui abritait les manuscrits s’effondra occasionnant ainsi des dégâts sur les manuscrits dont certains gardent de mauvais souvenir jusqu’à présent.

Après cela, feu Mama Haidara prit la relève de son père Mouhamad Al Hidjaj.  Il s’occupa de la collection des manuscrits et des documents imprimés.  Il procéda à une réorganisation de la bibliothèque, et effectua des études au Soudan et en Egypte.  Il retourna de ces pays avec un grand nombre de manuscrits qu’il ajouta au trésor mère.  Ensuite, il sillonna le Soudan et les zones du désert et en revint avec d’autres qui furent ajoutés à la bibliothèque.  Il fit des études au village Arouane et Abu Jubeiha et finalement s’installa à Tombouctou et y créa une nouvelle bibliothèque.

Il copia, lui-même, des dizaines de manuscrits, et il échangea les manuscrits avec les autres bibliothèques au Mali et à l’extérieur ce qui lui permit de former la plus importante et la plus grande bibliothèque de manuscrits arabes à Tombouctou. 

Après la sécheresse de 1973 dans la zone, la bibliothèque, à Bamba, fut sujette à des événements malheureux consistant du pillage de la part des inconnus venant d’un pays limitrophe.  A l’issue de ce pillage, la bibliothèque perdit 500 volumes des manuscrits.  Cet événement advint lorsque le Cheikh Mama Haidara était à Tombouctou.  En outre, la bibliothèque connut d’autres incidents malheureux tel que les pluies, les insectes, la poussière et les déménagements incessants.

Malgré tous ces incidents, le Cheikh Mama pu venir à bout de toutes ces difficultés grâce aux bonnes relations et collaboration qu’il entretenait avec les ulémas et les grandes personnalités de la zone.  Il créa ainsi une coopération avec les autres propriétaires de bibliothèques dans les zones suivantes : Bamba - Cherif Al Mouctar Bin Al Marzak - Cherif Abdullay Bin Al Mouctar - Cheikh Sadidi Al Galawi de la bibliothèque de Mouhamad Al Tahezr Acherif - Ville de Gao : Bibliothèque de Koul Souk et la Bibliothèque des Cherifs - Ville de Tagarosset : Bibliothèque de la famille Gair Go - Bibliothèque de Mouhamad Al Mouctar Bin Hud Al Ansori - Village de Ber : Bibliothèque du Cheikh Al Munzir  - Bibliothèque Koul Souk Kander - Ville de Tombouctou : Ahmad Bin Abil Aaraf - Atoutani le Tombouctien - Mouhamad Mahmoud Bin Cheikh Al Arouani - Bibliothèque de la famille Said Aali - Bibliothèque du juge Issq Al Arouani - Mouhamad Bin Touta - Zeiniq à Bujibqh - Bibliothèque de la famille Arouane - Abdurahmane Said Ij - Imam Alpha Salem - Moulay Ahmad Baber Al Arouani - Cheikha Said Ali Al Djeke - Cheikhna Albil Khir Al Arouani - Mouhamad At Taher Acharif - Mauritanie : Mouhamad Yehia Bin Suleim Al walati - Mouhamad Al Amine Ibn Barik - Mouhamad Yehia Ibn Aba Al Walati

En outre, le Cheikh Mama Haidara a beaucoup coopéré avec le Centre Ahmad Baba qu’il a aide a mettre la main sur beaucoup de manuscrits.

1.3.           La situation actuelle

Après la mort de Cheikh en 1981, son fils Abdul Qader assura la relève dans la gestion de la bibliothèque.  Grâce à son éducation habituée aux livres et aux manuscrits, il ne ménagea aucun effort pour doter la bibliothèque de nouveaux manuscrits, ainsi consacra-t-il la crème de son temps au déblaiement des manuscrits de la poussière et aux fouilles dans les bibliothèques de toutes les régions du Mali et dans certains pays limitrophes.  Il travailla plus de seize ans avec le Centre Ahmad Baba comme explorateur des manuscrits.  Il poursuivait en même temps son travail de bibliothécaire avec les manuscrits et les documents.  Finalement, il transféra la bibliothèque de Bamba à Tombouctou.  Il unifia les deux bibliothèques et cette nouvelle formule donna naissance à la Bibliothèque Mama Haidara pour les Manuscrits et les Documents Historiques.  Il serait mieux de souligner que depuis la création de la bibliothèque au 16ème siècle jusqu’à un temps récent les manuscrits et les documents étaient enfermés dans des caisses en fer ou en bois, entassées dans une petite chambre non éclairée exposés aux aléas et aux dangers menaçants.  Malgré cette condition difficile, les chercheurs, les étudiants, les touristes, et les hommes de culture fréquentaient la bibliothèque.  D’aucuns s’y rendent pour la recherche, d’autres pour photographier le lieu, et un troisième groupe pour lire.  Mais la réalité est que tout travail dans ce lieu exigu fut très difficile.

Après avoir réalisé l’accrue des visiteurs et des délégations venant et de l’intérieur et de l’extérieur, j’ai pensé à l’amélioration de l’état de la bibliothèque et son ouverture pour le grand publique, et cela après une consultation auprès du Directeur du Centre Ahmad Baba de l’époque, Dr : Mahmoud Zoubeir.  Ce dernier a soutenu l’idée de mon projet de construire un lieu convenable.  Il ne faut pas oublier non plus le soutien du maire d’alors M. Harber Cha-abane.  J’ai envoyé le plan du projet à certains partenaires et demandé un récépissé du Ministère de la Culture en 1996 pour la création d’une bibliothèque privée.  Après avoir reçu le récépissé, j’ai emprunté le bâton de pèlerin pour chercher le financement du projet.  J’ai contacté aussi certaines instances en leur rapportant l’état des manuscrits de la bibliothèque.  En 1997 j’ai écrit à la Fondation Al Furquan pour l’Héritage Islamique à Londres en leur expliquant l’état des manuscrits de la bibliothèque et le besoin aigu de leur catalogage.  Cette fondation m’a accordé son aide en cataloguant, par la signature d’une convention, trois mille manuscrits.  J’ai procédé au catalogage, malheureusement, je n’ai pu réaliser la tache qu’en 1999, compte tenu des difficultés qui m’ont confronté plus particulièrement l’inexistence des ressources à exploiter.

Après avoir achevé le travail, je l’ai envoyé à la Fondation Al Furquan.  Dr.Aymane Fouad As Sayid s’est chargé de le rédiger et éditer en trois volumes en 2000.  En 1997, le professeur Henry Louis Gates, Directeur de l’Institut W. DeBois pour les recherches afro-américaines qui est une filière de l’Université de Harvard aux Etats-Unis a effectué une visite en République du Mali avec une délégation afin de faire un filme documentaire sur les villes de Djenné, Bandiagara et Tombouctou, ils avaient en programme de filmer une bibliothèque privée dont a bénéficié la bibliothèque Mama Haidara.  Lors du travail, le professeur a été ébahi par l’abondance de ses manuscrits.  En même temps, il a été choqué par l’état dégradant de conservation.  Il a entamé des démarches au niveau de l’Université Harvard qui, à son tour, a contacté la Fondation Andrew Mellon à New York, une institution philanthropique.  Cette dernière a accepté de financer sans conditions.  Donc l’université a adressé une correspondance au Ministère de la Culture en République du Mali demandant son aval pour le financement.  Au sitôt que le Ministre a donné son accord, la fondation a débloqué un fonds.  J’ai procédé d’abord à la mise en place d’un comité du projet composé d’un représentant des usagers, un représentant des bailleurs, un représentant de l’Association pour la Protection et la Valorisation des Manuscrits à Tombouctou, et deux représentants du Ministère de la Culture.  Le comité a désigné pour parrain le Gouverneur M. Mahmoud Maiga qui a bien assumé la responsabilité et promis de soutenir le projet.  Les travaux de construction de la bibliothèque ont démarré au mois de septembre 1999 et pris fin en janvier 2000.  Le local a été inauguré le treize du même mois par son excellence Mme Adam Bah Konaré, l’épouse du chef de l’état en compagnie du Ministre de la Culture du Mali et du Ministre chargé de la culture du Royaume marocain, et cet événement a eu lieu à l’occasion du festival culturel Tombouctou 2000.

Le local est constitué de :

  1. Salle de manuscrits
  2. Salle de lecture
  3. Salle d’information
  4. Compartiment administratif comprenant le bureau du Directeur et le secrétariat
  5. Chambre de gardien
  6. 2 toilettes

La bibliothèque a commencé ses activités au mois de mai 2000 avec trois travailleurs. Le Directeur, le suppléant du Directeur et le secrétaire.  Les manuscrits ont été déposés dans les tiroirs, et toutes les salles ont été équipées des outils nécessaires.  Ainsi, la bibliothèque est devenue fin prête à accueillir les chercheurs et les étudiants.

En 2002, le catalogage du troisième volume est achevé.  Il comprend mille titres.  Cette œuvre a été réalisé avec la coopération de la Fondation Al Furquan pour l’Héritage Islamique à Londres.

Il mérite de souligner que la Fondation Al Furquan a octroyé un ordinateur à la bibliothèque, elle lui a fourni aussi un certain nombre de livres et documents de référence et des catalogues.  Nous signalons aussi que M. Ahmad Ben Bella, l’ex-Chef d’Etat de la République d’Algérie a donné un montant à la bibliothèque pour l’achat d’un ordinateur afin de faciliter ses travaux.

·        L’état des manuscrits

Nous pouvons dire que la plupart des manuscrits sont en bon état puisqu’ils sont reliés.  Cependant certains en sont déchiquetés de par leur ancienneté très poussée et le maniement des usagers.  Nous pouvons remarquer aussi des réparations qui datent du 16ème siècle sur quelques-uns uns.  La grande majorité de ces manuscrits sont écrits sur papier à l’exception de quelques documents écrits sur parchemin.  Les couvertures de certains manuscrits sont également décorés d’ornements artistiques.

·  La calligraphie des manuscrits

Le genre de calligraphie usité dans les manuscrits sont : Suki, Soudanaise, Désertique, Maghrébine et Orientale.

·      Les auteurs et les copistes

Ils sont soit du Maghreb soit de l’Orient arabique soit d’Andalous soit de l’Afrique Occidentale.  Nous rencontrons fréquemment des commentaires en marge qui nous indiquent les propriétaires ou les personnes qui les ont achetés jusqu’à leur prix.

Certains copistes ou auteurs sont des femmes.

·        Les disciplines traitées dans les manuscrits

Sciences du Coran - Explications du Coran - Al Hadith et ses sciences - Jurisprudence et ses origines - Biographie du prophète - Science de l’unicité - Soufisme - Langue - Grammaire et morphologie - Prosodie - Rhétorique - Littérature - Biographie des grands - Histoire - Géographie - Voyage - Philosophie - Logique - Médecine - Chimie - Calcul - Astronomie - Sciences politiques - Astrologie

Le plus ancien manuscrit de la bibliothèque est un Coran dont l’écriture date de 546

·        Les objectifs et les activités de la bibliothèque

Outres les travaux de catalogage que nous exerçons, nous envisageons le plutôt possible, de créer un atelier moderne pour la réparation, la restauration, et la reliure des manuscrits.  Nous envisageons aussi la mise en place d’un groupement minuscule de chercheurs pour exploiter les manuscrits qui ont une importance scientifique et cela par leur examen et leur traduction en Français et en Anglais.

Nous avons également, comme objectif, le catalogage numérique des manuscrits et leur filmage afin que l’on puisse les exploiter à travers l’Internet.  Nous pensons aussi à la publication des études et les recherches scientifiques que réalisent les chercheurs.  Nos activités comprennent aussi l’échange d’expérience, la coopération culturelle, l’organisation des séances d’études, les foires et semblables.  Nous envisageons la création d’une salle d’exposition permanente pour les manuscrits rares et ornés ; la création d’une radio culturelle locale pour la diffusion des nouvelles des activités culturelles à l’intérieur et à l’extérieur de la bibliothèque ; la mise en place d’un réseau de relations avec toutes les bibliothèques privées et toutes les institutions qui s’occupent des manuscrits dans la République du Mali et ailleurs et plus particulièrement l’Institut des Hautes Etudes et de la Recherche Islamique Ahmad Baba.

2.         La Bibliothèque Al Qadi Mouhamad Mahmoud Bin Cheikh Al Aouni

Le Responsable actuel – Adel Mahmoud

C’est une grande bibliothèque dont la création date du 11ème siècle de Hégire soit le 17ème siècle AG au village d’Arouane.  Ensuite elle fut transférée à Tombouctou.  Son propriétaire Mouhamad Mahmoud fut d’une famille de culture et de jurisprudence.  Il hérita d’innombrables manuscrits de ses ancêtres ce qui lui procura d’importants manuscrits.  Il fut lui-même auteur, copiste, poète et juge.  Il écrivit plus de trente livres en jurisprudence, en sciences d’unicité, en histoire, et logique.  Il a aussi un grand recueil de poèmes, un recueil de questions religieuses et de correspondance.

De 1960 a nos jours la bibliothèque connut mainte fois de transféré de Tombouctou à la capitale Bamako pour des causes politiques.  En 1972, la bibliothèque fut définitivement installée à Tombouctou.  Son propriétaire l’arrangea et lui dota de nouveaux manuscrits.

Actuellement les chercheurs et les étudiants ont accès à la bibliothèque.  Après la mort de Cheikh Mahmoud en 1973, son fils Adel a pris la relève.  Il emboîta les pas de son père et coopéra avec le Centre Ahmed Baba en lui fournissant des manuscrits précieux.

En 1994, Mr. Adel Mahmoud a transféré une grande partie en Mauritanie ou il vit avec sa famille dés lors.  Le reste des manuscrits se trouve jusqu’à présent à Tombouctou.  Les fils du fondateur a un projet de reconstruction et l’unification de la bibliothèque.

3.         Bibliothèque de Ahmad Bin Arafa Atoukni le Tombouctien

Le responsable actuel – Ahmad Salem Mouhamad Abdulah Bul Araf

Une grande bibliothèque qui contenait un nombre de manuscrits, de livres imprimés et des documents historiques.  Cette bibliothèque fut fondée en 1901.  C’est la date de l’arrivée de son propriétaire, Ahmad Bin Abil Araf l’encyclopédiste Toukni Al Wadanite, à Tombouctou.  Il naquit en 1884 à Iglemine, au Maroc.  Il dit dans certains de ses œuvres – « Le destin m’a conduit a habiter.

Tombouctou.  Avant d’arrivée ici j’ai habité un moment Chinequite.  J’ai vu beaucoup de ses nobles et de ses ulémas.  La réalité est que je ne suis pas un uléma et n’appartiens pas aux hommes cultivés, mais j’aime la culture et ses détenteurs.  Mon séjour à Tombouctou a été le plus long et le plus connu. »  Ces propos témoignent de sa simplicité telle qu’a été connu des ulémas.

En effet, il fut un des ulémas, et sa famille est une famille de sciences et de culture.  Il bénéficia de la grâce de Dieu en argent et en science.  Il fournit un grand effort et dépensa beaucoup d’argent pour faire vivre l’héritage écrit et le protéger ensuite, encourager et aider les hommes de culture à écrire et à expliquer les problématiques difficiles et à les enregistrer, sans oublier les grands événements.  Il y a beaucoup de livres en histoire, biographie des personnages, sciences du Coran et du Hadith.  Il collecta les événements enregistrés par les ulémas de Tekur et en fit même des poèmes.  Il écrivit en Péchés Impardonnables (Al Kaba ir), en Généalogie, en nécromancie, et en Soufisme.

Il a des recueils de poèmes.  Il imprima lui-même à ses propres frais quelques livres en Tunisie et en Egypte dont le livre Al Wahaj Ibn Salem Al Walali, le livre Nahwu Acharireini d’ibn Salem, le livre Hidayatou, le livre Al Moubachirou d’ibn Achir, le livre Machrab zoulal wa Nazmoul Achmawi d’ibn Salem, le livre Mama fa atoul Iqwani fi Chouabil Imami, le livre Subulu Sa ada et le liver Aebari fi Naz i Sahwi Akhdari.

Comment est-ce que les manuscrits ont été collectés ?

Il n’est plus un secret que la seule voie pour acquérir les manuscrits est les fouilles.  Et c’est ce qu’a fait Qhmad Abul Araf.  Parfois il procédait par correspondance, parfois il se mettait à la quête du livre quand il tombait sur les noms des livres lors de sa lecture.  Il engageait les copistes et envoyait d’autres dans les villes et villages lointains tandis que les autres restaient dans la bibliothèque pour copier.  Il se chargeait des dépenses de ceux qui effectuaient les voyages de fouilles jusqu’à leur retour.

Les départements de la bibliothèque

-         une salle pour la conservation des manuscrits  -   une salle de copistes -  une salle de correcteurs et des manuscrits copiés - une salle de classement et de la reliure -  une salle de rayure et de nivellement des papiers à utiliser -  une salle de lecture

Quiconque rend visite à la bibliothèque en témoignera.  Le nombre de manuscrits à la bibliothèque n’est pas nettement connu, mais d’après l’inventaire du fondateur en 1945, la bibliothèque contenait 8715 manuscrits.

Après la mort de Cheikh Ahmad bin Al Araf en 1955 son fils ainé Mouhamad Abdullay a assuré le relève sur la bonne voie de son père.  Il était lui-même savant, auteur et copiste.  Il continua son travail jusqu’ à environ 1972-73, l’année de la grande sécheresse qui frappa toute la sous région en général et la région de Tombouctou en particulier.  Les potentiels maigrirent et les dispersèrent.  Cela coïncida avec l’ouverture d’un centre pour la collection des anciens manuscrits à Niamey grâce à une aide de l’UNESCO et sous le bon soin de M. Boubou Hamma, Président du parlement nigérien dans le temps.  Quand les explorateurs commencèrent les périples et la collecte des manuscrits, ils partirent au propriétaire de cette bibliothèque et lui dirent de les accompagner à Niamey.  C’est là qu’environ mille huit cents manuscrits furent vendus au nouvel établissement.  Après un bref temps le Centre Ahmed Baba fut ouvert.  Ce dernier conclut avec lui un marché consistant en l’achat d’un grand nombre de manuscrits.  Malheureusement, cette époque coïncida avec l’arrêt total de la production et transcription de la bibliothèque.

Après la mort de Mouhamad Addullay en 1993, l’état de la bibliothèque dégrada et les manuscrits prirent une allure de déperdition graduelle.  Malgré tout ce qui a été mentionné, la bibliothèque garde encore un nombre appréciable de manuscrits et des livres imprimés.

Il serait utile de rappeler ici que les petits-fils du fondateur ont une volonté ardente pour redonner à la bibliothèque sa vie et son ancien prestige de documentation mais toujours est-il que leur capacité matérielle ne le leur permet pas surtout que tout dernièrement la bibliothèque a été victime de beaucoup de dégâts et d’endommagements.  Nombre de manuscrits ont disparu par le prêt.  Les descendants du fondateur essayent présentement d’arranger les affaires de la bibliothèque ; récupérer et ramasser les manuscrits dispersés, réparer et restaurer ceux qui ont été endommagés, et assurer une protection pour les manuscrits en vue d’une revalorisation éventuelle.

La relation de la bibliothèque avec les autres à l’intérieur et à l’extérieur du Mali

Cette bibliothèque entretenait de bonnes relations et de liens de correspondance avec certains bibliothèques, centres et imprimeries à l’intérieur et à l’extérieur du Mali.  Elle exerçait des activités d’échange d’information sur les zones de retrouvailles des manuscrits avec ces bibliothèques et centres.

Au Mali

Bibliothèque de Mouhamad bin Oumar Al Murji à Mourdja, cercle de Nara

Bibliothèque de Ahmad Al Qari à Bamako

Bibliothèque de Mouhamad Al Iraqui à Bamako

Bibliothèque de Ahmad Baba Bin Abil Abbas Al Husni à Tombouctou

Bibliothèque de la famille Sankoré à Tombouctou

Biibliothèque de Mouhamad Mahmoud bin Cheikh Arouni à Tombouctou

Bibliothèque de Mama Haidara à Tombouctou

Bibliothèque de la famille Binta Gongo

Bibliothèque de la famille Gandame

Bibliothèque de la famille Touka Bango

Bibliothèque de la famille Imboua

Bibliothèque de la famille Kounta

Bibliothèque de la famille Sidy Aali

Bibliothèque Koul Ozza

Bibliothèque Koul Souk à Gao

Bibliothèque Zeynia a Boujbeha

Centre Ahmad Baba à Tombouctou

En Mauritanie

Bibliothèque de Mouhamad Yahia bin Souleimane Walata

Bibliothèque de Al Marwane bin Ahmad Walata

Bibliothèque de Mouhamad Al Amine Bine Brik

Bibliothèque de la famille Sidy Boutlemite

Bibliothèque de Cheikh At Tirad Hawd

Au Niger

Institut de Recherche en Sciences Humaines des manuscrits arabes et ajamis – Niamey

Au Nigeria

Bibliothèque de Abdu Samad, Sokoto

Bibliothèque de Mouhamad bin Mahjoub Al Murakuchi, Sokoto

En Algérie

Imprimerie Tha Alibi

Bibliothèque littéraire Rodoussi Qadour bin Mourad Tourki

Au Maroc

Bibliothèque scientifique de Ahmad bin Abdul Karim Al Qadiri, Fes

En Tunisie

Bibliothèque Al Manar

Bibliothèque Atique Al Assali

Bibliothèque islamique Nouri bin Mouhamad Nouri

Bibliothèque Chazeli As Zawq

Au Liban

Bibliothèque Tawfiq Kabouch, Beirouth

Bibliothèque Sader Souleimane Bine Ibrahim Sader

En Egypte

Bibliothèque Publique Zeidane, Caire

Enfin, nous terminons par la mention de certains travailleurs de cette bibliothèque, des Ulémas qui copiaient et corrigeaient les manuscrits au frais du fondateur, il en est :

Mouhamd Ataher bin Charif bin Baba charif décédé en 1968 son genre de calligraphie est claire

Yahia bin Khatar Arouani, le plus grand des copistes, son genre de calligraphie est maghrébin claire

Aburahamane bin Sayid bin Ousmane, son genre est soudanais

Al Marwan bin Ahmad, son genre est désertique

Mouhamad Al Amin Bin Barik, son genre est désertique

Jaduna bin Al Murabit, son genre et désertique

Mouhamad bin Al Haib An noumane

Issa bin Mouhamad Al Maould Qadi famille Araouane, son genre est souk

Sidy Acheik Al Fulany, son genre est soudanais

Mamad Abdulah fils du fondateur, son genre est maghrébin

Abdulah bin Oumar, son genre est soudanais

4.         Bibliothèque de Qadi Ahmad Baba bin Abil Abbas Al Husn 

Le responsable actuel – Baba Sidy Haidara

C’est une grande bibliothèque créée en fin du 19ème siècle, son fondateur Ahmad Baba fut le premier juge désigné par le gouvernement colonial de la France à l’arrivée de la force coloniale à Tombouctou vers la fin du 19ème siècle.  Il fut issu d’une famille de science et de culture.  Il fut riche et joua un grand rôle dans la collecte des manuscrits d’ailleurs en plus de ce qu’il hérita de ses ancêtres.

Il fut auteur, Mufti, et poète.  Il a quelques œuvres avec un pamphlet des réponses aux questions religieuses, des documents historiques, des correspondances et des poèmes.  Il eu pour habitude l’achat des manuscrits ce qui lui valut l’affluence des convois de Massina et d’ailleurs pour lui exposer leurs manuscrits. 

Après sa mort en 1930 son fils Al Qad Mouhamad Al Amina prit la relève sur les affaires de la bibliothèque.  Ce dernier emboîta les pas à son père.  Il fut lui aussi un grand uléma.  Il eu à son actif des documents et il participa à la dotation de la bibliothèque de manuscrits jusqu’à sa mort en 1360 H.

La relève fut assurée, après lui, par Al Qad An-Mar Charif.  Il détient aussi des documents historiques et ceux de jurisprudence.  Il collabora avec beaucoup de bibliothèques et de centres tel que le centre Ahmad Baba qui paya de lui plusieurs manuscrits.

Après sa mort en 1976 son frère Al Qadi Zoudeir lui succéda.  A son temps la bibliothèque connut une dégradation ; les travaux cessèrent, la bibliothèque demeura fermée au publique, ce qui occasionna d’endommagements des manuscrits.  L’état de la bibliothèque resta ainsi jusqu’à sa mort en 1994.

En 2000 les petits-ils du fondateur ont tenté de sauver ce qui pet des manuscrits et documents historiques et ils ont commencé à les classer pour les mieux protéger.  Présentement, ils fournissent tous leurs efforts pour la réouverture de la bibliothèque.

5.         Bibliothèque de Mohamad Ka-ati

Le responsable – Ishmael Djadjé Haidara – Tombouctou

Une très ancienne bibliothèque comme ça se voit sur la couverture de certains manuscrits.  Sa création date du 14ème siècle.  Cette bibliothèque fut éparpillée dans plusieurs endroits.  Après la mort du fondateur son premier fils Ishmael bin Mahamoud Ka-at se charge de la collection des manuscrits de Djenné, de Tenderma, de Kursanb, Gounmdame et de Tombouctou.

En marge de certains manuscrits, il est mentionné que la bibliothèque est un waq’f (inaliénable) pour les petits fils du fondateur.  Il est important de souligner avec la grâce de la protection et l’accrue de leur nombre revient au petits fils du fondateur Ali.  Le fils de ce dernier jouera son rôle dans l’approvisionnement de la bibliothèque lorsqu’elle lui fut confiée.  Après sa mort le contenu de la bibliothèque dispersa, et les manuscrits se retrouvèrent dans plusieurs lieux.  La situation demeura ainsi jusqu’à la prise de conscience de M.  Ishmael Djadjé Haidara, l’un descendants de la famille Mahamoud Ka-at, de l’importance de la bibliothèque.  Il entreprit des fouilles pour récupérer le contenu de la bibliothèque Ka-atite.  Il eut pour référence les contes oraux et les informations recueillies dans les documents.  Il fit quelques années en périple entre les différentes villes et villages de la région de Tombouctou à l’issue de ce périple, il put collecter une grande partie des manuscrits éparpillés surtout dans les zones de Tombouctou, de Goundame et de Kurune Sub.  Sa quête lui valut trois mille manuscrits qui figurent tous l’actuelle bibliothèque ka-atite à Tombouctou.  Cette nouvelle bibliothèque comprend beaucoup d’œuvres des Ulémas d’Andalous, du Maghréb, et du Soudan.

Le plus ancien manuscrit date de 599 H de la ville de Sibta, c’est un volume du Coran écrit sur le parchemin.  Il y a aussi des documents historiques importants.

M. Haidara a conclu un accord avec la fondation Al Furquan pour l’Héritage Islamique à Londres pour le catalogage des manuscrits de la bibliothèque.  Il a aussi un projet de construire un local pour abriter la bibliothèque et les activités de recherche et de restauration des manuscrits.

6.         Bibliothèque de Djingarey Ber – Tombouctou

Le responsable – Imam Suyuti

C’est une des grandes bibliothèques à Tombouctou.  Sa fondation date du 17ème siècle AG.  Elle abrite beaucoup de rares manuscrits.  On y trouve l’une des copies originales du livre Tarik Al Fettach.  On trouve parmi les manuscrits des correspondances entres les rois et les princes.  On y trouve également un Coran qu’aurait donné l’un des Surtans du Maroc à l’Imam Suyuti, le grand-père à la fin du 18ème siècle.  La bibliothèque compte environs 3 500 manuscrits.

7.         Bibliothèque Zeinia au village de Abu Jubeiha

Le responsable est Cheikh Bay ibn Cheikh Zein

Elle est une ancienne bibliothèque créée en 1175 H.  Le premier fondateur fut l’étudiant Sidy Ahmad bin Al Bachin Souki Al Adwi le fondateur du village.  Il fut un grand savant, un sait de Dieu, et l’auteur de plusieurs œuvres, de pamphlets de réponses religieuses et de correspondances.  Il fut aussi un illustre copiste.

Après sa mort, son fils prit la relève sur les travaux de la bibliothèque.  Ce dernier fut également un riche savant, il copia à son tour d’innombrables manuscrits.  Il n’hésita pas à dépenser les sommes colossales pour avoir les manuscrits.  On raconte de lui qu’une fois à son retour de la mine de sel de Taoudeni, incurvé du sel et de marchandises, il rencontra une caravane venant du Maroc et qui portaient de précieux manuscrits.  Quand il voulut acheter les manuscrits, les caravaniers ont posé comme condition que M. Sidy Ibrahim échange toutes ses marchandises contre les manuscrits, ce qui arriva d’ailleurs.  M. Sidy retourna au bercail avec ces précieux manuscrits pour former le plus grand magasin de manuscrits de la zone.  De son vivant, le village Abu Jubeiha fut attaqué par une pègre rustique nomade appelée ACHAKARNA.  Cette pègre pilla les biens et brula les livres dans les mosquées.  Après la sécheresse de 13323 H, les habitants du village le quittèrent pour quelques années.  A leur retour, ils trouvèrent que les murs de la bibliothèque étaient délabrés et le toit tombé, ce qui endommagea de beaucoup les manuscrits abrités.  La bibliothèque en garde encore des empreintes néfastes.

La bibliothèque garda le statu quo jusqu’à ce que le petit-fils du fondateur Cheikh Zeini bin Abdoul Aziz grandisse.  Il fut un érudit, un savant et un grand uléma de la secte de Qadiria.  Il écrivit beaucoup de livres, de réponses religieuses et de correspondances.  Il s’occupa de la bibliothèque et lui dota d’un certain nombre de manuscrits.  Après sa mort en 1355 H, il fut succédé par son fils Cheickh Bay Zeini que Dieu lui donne longue vie.  Ce dernier œuvre actuellement sur la promotion et la protection de la bibliothèque.  Il est auteur et un savant dans la zone.  Présentement, le nombre des manuscrits atteignent 1 100 manuscrits en plus de la grande quantité des livres imprimés.  Présentement, l’état des manuscrits est déplorable dû aux faibles moyens matériels du propriétaire.  La plupart de ces manuscrits ont besoin d’être relié ou restauré.  Sans oublier que la maison qui les abrite est exiguë et non convenable d’où la nécessite de prêter main forte au propriétaire pour qu’il puisse mettre en place les conditions requises pour la conservation.

8.         Bibliothèque de Mouhamad Mahmoud Imam de la Mosquée de Ber – Village de Ber

Le responsable – Fida Mouhamad Mahmoud

Cette bibliothèque prit corps tout premièrement dans la zone rustique du village de Ber entre les puits Agozmi et le puits de Ino Kander et celui de Ine Sitlane jusqu’en 1950.  Elle fut finalement installée au village de Ber.  Le fondateur fut copiste et un mordu des livres.  Il pu collecter un grand nombre de manuscrits et copier plusieurs manuscrits en plus de ce qu’il hérita de ses ancêtres.

En 1988 son fils Fida envisagea de regrouper ces manuscrits pour les protéger.  Il dressa une liste des manuscrits et les arrangea dans les étagères.  En 1992, il les mit dans des caisses en bois et en fer contre la pluie.

En 1998, il demanda une autorisation d’ouvrir un centre et adressa une demande à la direction régionale de Tombouctou et en 1999 il reçu une autorisation pour la transformation de la bibliothèque en centre.  Le centre fut baptisé : Centre des Sciences Islamiques et des Manuscrits historiques.  Il mit sur pied un comité pour la supervision et la protection des manuscrits.  Compte tenu de ses moyens très limités, il n’a pas jusqu’à présent construit un local digne, alors que le centre à une parcelle qui lui est offerte par le maire du village de Ber.  Le nombre de manuscrits du centre atteint environ 2 500 en plus des livres imprimés 

CONCLUSION

Les collections des bibliothèques familiales privées de Tombouctou sont menacées. Chaque année un nombre plus grand de documents se détériore et devient illisible et les manuscrits sont souvent manipulés sans soin. Certaines des collections privées sont confuses totalement laissées à l'abandon. Ces collections sont généralement  peu connues des africanistes du monde entier  et peuvent fournir un nouveau terrain de recherche étendu aux historiens, aux théologiens et aux universitaires littéraires et ethno- linguistes 

Cet héritage africain, islamique, et culturel humain risque d'être perdu si une action constructive n'est pas entreprise pour le préserver. Les rongeurs et les insectes (termites et asticots) peuvent causer des dégâts. Le feu est une autre menace, et pendant une saison de l'année l'eau de pluie dégouline à travers les toits fissurés. La manipulation des manuscrits les détruit souvent.

Dans certains cas les lieux sont abandonnés.  Un autre danger est la simple ignorance humaine. Dans certains cas les collections familiales sont actuellement entre les mains de personnes qui n'ont pas la compréhension approfondie des sciences islamiques qu'avaient leurs parents et leurs grands-parents, et ne sont que peu intéressés par les manuscrits qu'ils ont hérités, le peu d'estime dont jouissent les manuscrits fait qu'il ne leur est consacré aucun soin ni aucune attention particulière. Ils sont simplement stockés et abandonnés à leur ruine, puisque le propriétaire souffre d'une existence économique précaire.

Par ailleurs, les industries traditionnelles liées au livre sont en perte de vitesse : il n’y a pratiquement plus de spécialiste de copiage; et enluminure les artisans spécialisées en reliure ont oublié le métier.  Tout ceci est en rapport avec le recul des systèmes éducatifs et la paupérisation des populations en relation elle aussi avec la sécheresse et la désertification.  Les conditions générales difficiles dans la région (d’un climat rude à une économie en sévère récession) ont largement contribué au décroissement des activités littéraires et des arts et métiers du livre y associés.